Les légendes sans bague – Partie 1

L’histoire du basket et du sport en général est parsemée de légendes ayant empilé les trophées après des confrontations de haute lutte. Mais à côté de ces héros victorieux, certaines gloires passées n’ont pas eu la chance ou l’opportunité d’ajouter leur nom à la liste des vainqueurs.

En NBA, ces monstres sans bague s’appellent Charles Barkley, Karl Malone ou Patrick Ewing. En WNBA, elles sont quelques-unes à avoir affiché, soir après soir, un niveau impressionnant de domination individuelle, sans réussir à décrocher le Graal.

Petite sélection des plus grandes anomalies de ce genre dans l’histoire de la ligue.

Becky Hammon

Impossible de parler de légendes sans bague sans commencer par la reine de cette catégorie, la seule et l’unique Becky Hammon. Son parcours en WNBA est une aventure à lui seul et mérite qu’on y revienne brièvement.

Cette aventure commence en 1999, le 4 mai pour être précis, lors de la cérémonie de la Draft où Becky… n’est pas sélectionnée. Sa taille fait peur et refroidit de nombreux GM au point de la voir être snobée par l’entièreté de la ligue. Elle réussira toutefois à entrer par la petite porte au New York Liberty, avec lequel elle va vivre de très belles années, en sortie de banc pour commencer. Dès son année rookie, l’équipe atteint les Finales mais s’inclinera 2-1 face aux Houston Comets, qui réaliseront le Three-Peat.

La saison 2000 sera du même acabit avec de nouveau une opportunité en Finales face aux mêmes Comets. Cette fois, la messe sera dite de manière encore plus expéditive avec une défaite 0-2 et un Four-ever (4 titres d’affilée) pour la bande à Cynthia Cooper.

2 ans plus tard, lors de la saison 2002, retour en Finales pour New York et Becky. Même si elle sort toujours du banc, petit à petit son rôle s’affirme au sein de l’effectif new yorkais qui retourne pour la 3e fois déjà en Finales. Cette fois, ce ne sont plus les Comets qui se dressent en face, mais les Los Angeles Sparks, championne en titre, qui réaliseront le doublé. Encore raté pour Becky et le Liberty.

Becky Hammon San Antonio Stars

Le Liberty ne retournera jamais en Finales après ces tentatives manquées. Becky, de son côté, va voir son rôle devenir de plus en plus prédominant au sein de cette équipe avec des moyennes en hausse. En 2007, elle fait le voyage pour San Antonio, où elle va devenir une véritable légende.

C’est d’ailleurs dans le Texas que va lui être offerte sa dernière chance d’aller chercher le titre tant convoité. Lors de ses premières années là-bas, Becky est au pic de sa carrière, avec des moyennes de points et de passes très sérieuses. En 2008, les Silver Stars de San Antonio finissent en tête de la ligue et se hissent jusqu’en Finales pour y rencontrer le Detroit Shock de Bill Laimbeer.

Épaulée par Sophia Young-Malcolm et la Belge Ann Wauters (ainsi qu’Edwige Lawson, meilleur pourcentage à 3 points cette saison-là), les Stars n’existeront malheureusement pas et perdront ces Finales 3-0.

4 finales, 4 échecs et un seul petit match gagné sur 10 disputés, c’est un bilan bien amer qu’il nous faut dresser. Mais ce constat froid ne doit pas faire passer Becky pour une simple perdante et faire oublier la merveilleuse joueuse qu’elle était.

Car en dehors du simple palmarès, la carrière de Becky est magnifique de volonté et d’abnégation. D’une joueuse à qui personne ne voulait donner sa chance, Becky a fini meilleure passeuse de la ligue, 6 fois All-Star et à de multiple reprises dans une All-WNBA Team. Son numéro 25 est retiré à San Antonio et elle fera partie des 20 joueuses sélectionnées comme les meilleures de l’histoire lors de l’anniversaire des 20 ans de la WNBA.

Ne manque donc à Becky que ce titre qui aurait entériné une bonne fois pour toute son nom parmi les plus grandes. Comble de l’ironie, en équipe nationale, Becky sera également sous-estimée par Team USA, au point de la pousser à demander sa naturalisation. C’est donc avec l’équipe nationale russe qu’elle participera aux plus grandes compétitions internationales. Ce qui l’amènera à empocher une médaille de bronze aux JO de Pekin. Mais pas l’or, devenu depuis quelques années l’apanage des sélections américaines. Passée tout près du but une fois plus…

Teresa Weatherspoon

En évoquant la carrière de Becky Hammon, nous avons mentionné son bilan de 1 victoire pour 9 défaites lors de rencontres des Finales. Cette unique victoire, Becky la doit en grande partie à sa coéquipière de l’époque à New York, Teresa Weatherspoon.

Teresa, T-Spoon pour les intimes, termine son cursus universitaire en 1988, bien avant le lancement de la WNBA. Elle va ainsi démarrer sa carrière professionnelle en Europe, passant entre autres par le CSKA Moscou. En 1997, pour la saison inaugurale de la ligue, la draft se déroule de manière un peu particulière. En premier lieu, se déroule une répartition de 16 joueuses parmi les 8 franchises. C’est ainsi que Teresa se retrouve à New York où elle va contribuer à faire briller la franchise.

Dès la première saison, en 1997, T-Spoon est meilleure passeuse de la ligue et meilleure intercepteuse. Elle répétera cette performance lors de la saison suivante, ce qui lui permettra d’être élue pour ces deux saisons Defensive Player of the Year.

Pour compléter le CV, notons que Teresa Weatherspoon a été 5 fois All-Star. Elle a été sélectionnée à 4 reprises dans la All-WNBA 2nd Team. Elle faisait partie avec Becky des 20 meilleures joueuses de l’histoire aux 20 ans de la ligue. Enfin, last but not least, elle fut intronisée au Hall of Fame avec la cuvée de 2019.

Mais retour en playoffs. En 1997, lors de sa première saison, New York se hisse en Finales pour rencontrer les Comets lors de la première finale de l’histoire de la WNBA. La Finale se joue alors sur une rencontre unique, qui sera gagnée 65-51 par les Comets.

Deux ans plus tard, en 1999, de nouveau face aux Comets en Finales, le Liberty n’entend pas faire de la figuration. D’autant que les Finales se jouent au meilleur des 3 matchs désormais. La première rencontre, à New York, tourne facilement à l’avantage des Texanes avec un score final de 73 à 60.

Déplacement donc à Houston pour un game 2 décisif. Le match est serré et tendu. A quelques secondes de la fin, Tina Thompson marque et donne deux points d’avance à Houston. La mise en jeu est faite pour Teresa qui file, en même temps que s’égrainent les secondes, vers la moitié adverse. Il n’y a plus de temps. Elle décoche un tir de sa ligne médiane au buzzer. Ficelle ! Score final, 68-67, New York a sauvé l’honneur. Ce shoot restera dans les annales comme “The Shot” et comme le plus beau fait d’armes de la carrière de T-Spoon.

La game 3 sera malheureusement à l’avantage de Houston. Comme le seront les deux autres Finales disputées par Teresa, en 2000 et 2002, les mêmes que Becky Hammon. Quatre finales au total et aucune bague, mais la réalisation d’une joueuse d’exception elle aussi, formidable passeuse et défenseure d’élite. Une joueuse qui, malgré une arrivée tardive dans la ligue, aura eu plusieurs opportunités d’obtenir le titre suprême, sans succès.

Fin de ce premier volet des légendes sans bague. Retrouvez prochainement la suite, avec d’autres joueuses qui, à défaut d’avoir coché les cases du palmarès, n’en étaient pas moins des monstres des parquets et nous ont mis des paillettes dans les yeux.



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